Food, fast

Ce site est en partie né du désir de parler de plaisir quotidien en cuisine, de ces petits riens qui rendent la vie de tous les jours plus agréable.
C’est donc en vous parlant d’un dîner de lundi soir froid et sombre de rentrée de janvier que je commence.
C’est le genre de soirée, où, quand la journée de télé-travail semble interminable, l’heure du repas du soir approche et on n’a toujours rien préparé.
On ne veut pas dîner trop tard - car on dort mal par la suite. Mais les horloges de nos ordinateurs nous disent qu’il est déjà 19h. Monsieur devient nerveux, car la faim le travaille.
Il faut donc pratiquer l’art de se préparer du *food, fast *- de la nourriture, vite! - mais veiller à ce que ce qu’on mange soit savoureux et agréable à manger. Tout en restant simplissime.
C’est là que vivre à côté du marché de Cahors s’avère bénéfique.
Dans le garde-manger je trouve d’abord une grosse tranche de citrouille d’un petit producteur du quartier maraîcher cadurcien de Cabessut . Elle est d’une belle couleur orangée lumineuse. Ensuite je repère une excellente semoule de pois-chiches d’une ferme des alentours.
Je préchauffe le four à 200 degrés. Puis je tranche la citrouille finement - un peu moins d’un centimètre d’épaisseur. Le tout est badigeonné d’un mélange d’huile de sésame et d’huile de pépins de raisin.
Ensuite j’écrase une grosse gousse d’ail et en répartis les petits morceaux sur et autour des tranches de cucurbitacées disposées à plat sur la plaque de cuisson. Assaisonnement: graines de moutarde noire, sel et poivre, romarin séché réduit en poudre par mes soins.
Pendant que le four fait son travail, je réchauffe une eau de cuisson de vert de poireaux préparée samedi après le marché. Je prends souvent cette précaution après mes courses: c’est une action anti-gaspillage et pro-préservation de saveur pas compliquée à faire.
Je ne m’embête que très rarement avec des vrais bouillons - et suis suffisamment snob pour mépriser les bouillons cubes. Mais les infusions de verts de légume, c’est facile à faire - on mitonne ça en cuisinant autre chose en même temps - et ça marche bien pour bouillir légumes, riz, pâtes, légumineuses avec une touche de saveur en plus.
Je verse donc de la semoule de pois chiche en pluie dans mon eau de poireau bouillante. Il faut remuer avec une certaine vigueur pour minimiser les grumeaux, et ajouter du gras - ici beaucoup d’huile d’olive.
J’y mets le paquet en épices: du ras-el Hanout et un mélange d’épices apparenté au zaatar que des amis m’ont ramené de Berlin. On pourrait remplacer ce dernier par du zaatar ou mettre des graines de sésame torrefiées avec sauge, sarriette, marjolaine et/ou du romarin en poudre. La chose est prête en quelques minutes - le signal est donné quand la masse se décolle de la casserole lorsqu’on remue.
On sert cette masse dans une assiette creuse et pose les tranches de courge dessus.
Une petite salade de gros radis d’hiver râpés, façon pickle, en accompagnement: faire mariner dans un peu de sel, vinaigre, sucre, gingembre pendant une quinzaine de minutes. Garnir d’huile et - généreusement - d’herbes fraîches.
Tout ce repas est prêt en une demi heure.
Les tranches de citrouille sont un peu croustillantes à l’extérieur, leurs rebords un peu caramélisées. L’intérieur est fondant. Le repas est complet, agréable visuellement - des couleurs fortes et chaudes en pleine nuit hivernale - et très goûteux. On ne va pas faire dans le fade en cette saison!
Pas de viande non plus dès lundi, quand-même. Tout cela est sain et assez complet bien entendu: protéines, vitamines, du cru, du cuit.
Pas besoin de se ruer sur la pizza surgelée ou le magasin de fast-food.
Tout cela m’offre une petite demi-heure de créativité et de détente bienvenues après une journée ardue devant l’écran.
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