Les formules économiques de la panure
Les bourgeois bien-pensants de la cuisine s’énervent beaucoup en ce moment contre une prolifération d’établissements de restauration rapide vendant du poulet frit - généralement pané - dans nos villes.
Souvent il y a du mépris de classe et du racisme latent derrière tout ça: le poulet frit, c’est très bon! Donc, moi je ne juge pas.
Mais j’ai, je l’admets, un côté ménagère petite-bourgeoise économe. Mâtinée d’une tendance bobo-bio post-moderne, façade cachant simplement une gourmandise éhontée.
Formule numéro 1: l’attitude qu’il faut
Voici donc une nouvelle formule pour aborder le thème du poulet frit: mesquinerie petite-bourgeoise + considérations écologiques sur l’évitement du gaspillage de nourriture (et avec ça, d’argent) + recherche de goût = préparez vos cuisses de poulet panées vous-même! (Ha ha!)
Le poulet, ce n’est pas très cher. Allez donc chercher des cuisses de poulet chez votre boucher de quartier ou au marché. Ca sauvera votre centre-ville ou centre de bourg.
Prenez du poulet fermier de qualité. L’euro en plus que ça vous coûtera sera meilleur pour la santé des pauvres poules et de votre propre corps . Ca sera ça d’économisé en frais d’hospitalisations, soins et dépassements d’honoraires de médecins trop avides quand vous franchirez le seuil de la cinquantaine, l’âge d’apparition des maladies cardio-vasculaires et autres cancers.
Prenez un gros couteau, un gros pilon de mortier - quelque chose de lourd quoi. Tapez bien sur les cuisses - pilon et haut de cuisse - pour ouvrir des brèches qui absorberont votre marinade.
Formule numéro 2: la marinade
Il vous reste un fond de moutarde dans le frigo? Un fond de miel ou de confiture? Du miso? Ou, comme dans mon plus récent cas ici, un petit pot de préparation de raifort vinaigré au miel qui languit et ne trouve pas usage?
Cherchez la formule suivante pour votre marinade: piquant + douceur + sel + acide, et une texture crémeuse si possible (pas obligatoire).
Badigeonnez-moi ces morceaux de viande - de moutarde-miel-sel-vinaigre-ou-vin, d’un mélange moutarde-miso-mirin, ou bien, comme ici, de votre sauce raifort.
Prenez de la chapelure.
On en trouve dans le commerce. Les bobos snobs de nos jours achètent du panko japonais tout prêt.
Moi je fais comme pour mes zestes d’agrumes en hiver: je collecte les bouts et croûtons de pain de qualité - levain, grains spéciaux, bio - je les laisse sécher. Quand il y en a beaucoup et qu’ils commencent à m’encombrer, je casse tout ça dans un torchon avec mon gros pilon de mortier sur une planche en bois. Puis je passe les grosses miettes au mixer pour produire des miettes plus fines et un peu plus uniformes.
Quand vous vous mettez au fourneau, n’hésitez pas à épicer votre chapelure: épices, herbes méditerranéennes sèches, zestes. Surtout si votre marinade n’est pas très forte en goût. Ajoutez-y des céréales pour de la variété en matière de texture et de visuelle - dans la photo ci-haut vous voyez du riz soufflé. Des flocons d’avoine ou d’orge, ça va aussi.
Donc pour paner correctement: fariner le morceau à paner, le passer à l’oeuf touillé, le passer, enfin, dans la chapelure.
Faire frire sans excès de graisse à feu doux dans un plat ou une casserole allant aussi au four. Dorer avec douceur. Transférer l’ensemble au four préchauffé à 180 degrés. Attendre trente minutes environ.
Régalez vos enfants, votre conjoint.e - et surtout: vous vous-même!
Autre petite astuce anti-gaspi: Si vous trouvez qu’il vous reste beaucoup de farine, oeuf et chapelure: mélangez tout ça, épicez le cas échéant et préparez des petites boulettes à frire ou à mettre au four. Ou faites-en des petits ‘croûtons’ croustillants à la poêle pour aller avec votre soupe ou salade.
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