Ardeurs et lueurs horticoles suivies d'un curry d'aubergines
C'est comme si la brûlure que fut cet été avait imprégné la terre et s'était infiltrée dans les légumes de l'après-canicule pour créer une nouvelle incandescence dans leurs chairs et leurs peaux.
Ce mois de septembre dans le Lot est splendide – pas tout à fait un été indien, plutôt, en journée, un été occitan comme on les connaissait il y a encore une quinzaine d'années, chaud, rond, riant. Des nuits bien fraîches et un ciel densément étoilé.
Sur le marché, les légumes d'été sont à leur apogée – les poivrons et les aubergines surtout – tandis qu'on voit apparaître sur les étals les produits de l'automne : les cèpes, les potirons.

On est frappé par la lueur de certains étals sur le marché de Cahors.
Le marché du mercredi, plus petit que le grand marché du samedi, offre une sélection d'étals de légumes biologiques locaux d'une qualité exceptionnelle.
Mercredi dernier, un matin exceptionnellement grisâtre où il pleuvait un petit peu, l'un de ces stands m'est apparu comme un étalage de petits lampions : les poivrons rouge-vert-orangé, les courges spaghetti jaunes, les potimarrons orange, les cageots de tomates dégageant des lueurs allant du jaune clair aux rouges les plus éclatants avec tous les tons orangés imaginables entre les deux.
Les aubergines étaient d'une variété de couleurs : hormis le violet habituel, le blanc, le jaune, des éléments de vert, des mini-aubergines de couleur orangée et des presque noires striées d'un peu de jaune.
Sans oublier les patates douces, rose orangé.
Sur d'autres étalages : des aubergines japonaises longues et géantes – des serpents de couleur violacée – des épis de maïs jaunes. Et j'en passe.

Tout ça m'a inspiré un repas de terres chaudes : les mini-aubergines, ces brinjals indiennes ; la patate douce, plante originaire d’Amérique centrale.
Curry de mini-aubergines sur lit de patates douces
Pour 2-3 portions selon les appétits
- Dix mini-aubergines – les entailler sans les couper
- Une cuillerée à soupe de graines de coriandre
- Une cuillerée à soupe de graines de cumin
- Un gros oignon blanc ou jaune – haché menu. On peut, si on supporte la piqûre aux yeux et l'odeur qui imprègne tout, le mixer avant cuisson, avec ou sans gingembre et ail. Je fais ça plus tard une fois la masse cuite – voir plus bas.
- Un écrasé d'ail et gingembre en volume égal (au mixeur ou au mortier) – prendre deux cuillerées à soupe pour ce plat
- Deux cuillerées à soupe de noix de coco râpée bio
- Flocons de piment-oiseau séché ou autre piment bien fort (mais pas fumé ou boisé) – selon vos goûts
- Sucre brun de type muscovado – ou, si par hasard vous deviez avoir ça chez vous, du sucre de palme indien ne pas me demander pourquoi j'ai ça chez moi. Une pincée ou deux.
Pour la cuisson : huile de coco, huile de sésame, sel. Je n'aime pas surcharger de coco. Une note de douceur suffit. D'où mon mélange avec une autre huile - (tournesol, pépins de raisin au lieu du sésame ça va aussi.
Pour la garniture : feuilles de menthe.
Dans une cocotte à fond épais, faire chauffer le mélange d'huile à feu doux. Faire dorer légèrement la coriandre et le cumin. Ajouter l'oignon et le faire revenir en remuant jusqu'à ce qu'il soit translucide. Incorporer le mélange gingembre-ail. Continuer à cuire jusqu'à ce que l'oignon commence à être bien cuit – mais surtout pas doré.
Ajouter les aubergines. Les saisir un moment dans cette masse.
Recouvrir l'ensemble d'eau à hauteur, pas plus. Cuire à petit feu jusqu'à ce que les aubergines soient cuites. 15-20 minutes. Pendant la cuisson, ajouter la noix de coco, le sucre et le piment. Avec ces trois ingrédients, y aller par étapes et petites quantités et goûter. Il s'agit d'ajuster les goûts pour atteindre l'équilibre entre douceur et piquant qui vous convient.
Une fois cuites, sortir les aubergines et les mettre de côté. Sortir son mixeur plongeant et mixer le liquide de cuisson jusqu'à obtention d'une masse un peu épaisse et granuleuse. Réincorporer les aubergines. Cuire encore quelques minutes avant de servir.
Pour les patates douces : les cuire à l'eau ou à la vapeur, les peler, les servir telles quelles en morceaux ou pré-écrasées.
Garnir un grand bol ou une assiette creuse de patates douces, les recouvrir d'aubergines et de leur crème épicée. Garnir de feuilles de menthe.
Et pardon: pas de photos pour cette recette. Il m’arrive d’oublier d’en prendre dans le feu de l’action!
Newsletter
Stay updated with new articles.
À lire aussi

Un plat de fin de cinquième canicule
Aubergines, tomates, un assaisonnement un peu tropical. Pour marquer la fin de la cinquième canicule de l’été.
17 août 2026
Il n'y a plus qu'à manger des courgettes
Des considérations sur le changement climatique et un plat de circonstance pour aller avec.
3 août 2026
Caviar d'aubergines caractériel
Des plats végétaux froids pour une été torride.
9 juil. 2026
Pas encore de commentaire. Soyez le premier !